Lettre au député - 4 oct 1999 - argumentaire

Les chiffres

Sur un budget global de 4 632,70 MF, seulement 656,3 (soit 14%) sont consacrés aux dépenses de santé et 28,58 MF (soit 0,6%) à l'aide sociale, 3 686.9 MF (soit 79% aux forces répressives).

La politique gouvernementale en matière de lutte contre les toxicomanies, affiche clairement son orientation répressive. Or celle-ci ne peut être efficace sur l'offre de drogues que si la demande est également prise en compte. Cela nécessite donc un réequilibrage entre répression, prévention et soin.

Les Centres Spécialisés de Soins aux Toxicomanes au nombre de 271, reçoivent au cours du mois de novembre (enquête SESI 1997) 15276 personnes toxicomanes. Les centres hospitaliers et maisons de santé pour malades mentaux au nombre de 513 soit deux fois plus nombreux, prennent en charge 8.122 personnes, soit la moitié moins que les C.S.S.T.

Avec un équipement nettement plus léger, mais il est vrai avec un savoir-faire particulier et une prise en charge globale, un C.S.S.T. reçoit en moyenne 4 fois plus de toxicomanes qu'un service hospitalier. Ce sont pourtant ces centres qui sont étranglés et menacés de disparition.

Le nombre d'héroïnomanes baisse entend-on dire. Il s'agit d'une interprétation hâtive et exagérément optimiste, car :

Depuis 1996, les personnes ayant recours aux C.S.S.T. augmentent de 10% l'an, la moitié des prises en charge annuelles sont des premiers recours. Certes, la sécurité sociale prend de plus en plus en charge une partie des soins, en particulier pour les traitements de substitution et les pathologies associées.

Cette enveloppe, non chiffrée à l'heure actuelle, ne doit en aucun cas justifier la stagnation, voire la diminution des budgets alloués au dispositif de prise en charge médico-psycho-sociale des personnes toxicomanes, dispositif garantissant les meilleures conditions de qualité et de sécurité des soins.

En résumé, La disparition des centres spécialisés de soins aux toxicomanes serait-elle programmée pour les années à venir ? S'il est souhaitable que les toxicomanes soient le plus souvent possible pris en charge par les services de droit commun, pour un grand nombre d'entre eux, le passage dans le dispositif spécialisé représente une étape de soins spécifiques indispensables pour accéder aux services de droit commun. C'est souvent le recours pour les cas les plus sévères.

Les conséquences d'une attitude frileuse qui n'anticiperait pas le développement de ce phénomène seraient désastreuses tant en matière de santé publique que d'ordre public et les conséquences budgétaires n'en seraient en définitive qu'accrues.

la lettre