Rencontre-débat préalable à l'expertise collective Réduction des risques chez les usagers de drogues

Inserm, 03/02/2009

Intervention du Dr Jean-Michel Delile
Vice-président de l'ANITeA

Tout d'abord je tiens à vous présenter les excuses de Jean-Pierre Couteron, président de l'ANITeA, retenu par des engagements antérieurs et qui nous a demandés à Martine Lacoste, Karl Cerny et moi-même de représenter notre association en cette occasion. Je vous présenterai donc la position générale de l'ANITeA face à ce projet d'expertise collective, Martine et Karl vous préciseront les attentes de notre Commission Réduction des risques.

En introduction, nous tenons à remercier la Direction générale de la santé et tout particulièrement Pascal Melihan-Chenin de cette heureuse initiative que nous appelions d'ailleurs de nos voeux. Les politiques de réduction des risques sont efficaces en partie grâce à l'engagement militant de leurs acteurs et cet engagement doit pouvoir bénéficier des apports de la littérature scientifique et des expériences internationales.

Par ailleurs, quand nous organisions avec François Facy les Journées ANIT-INSERM d'épidémiologie Toxicomanies-Hépatites-SIDA, nous avons eu le plaisir d'accueillir à plusieurs reprises Jeanne Etiemble qui nous a notamment présenté les expertises collectives sur l'ecstasy, le cannabis, l'alcool et nous nous souvenons parfaitement de l'aide que ces travaux ont apporté aux cliniciens. Nous ne doutons donc pas que ce nouveau travail, très attendu, sera particulièrement utile.

Beaucoup ici connaissent l'ANITeA qui va fêter cette année ses 30 ans à Paris. C'est un réseau d'environ 180 associations toutes gestionnaires de CSST (futurs CSAPA) et, pour beaucoup, de CAARUD. Notre association n'intervient donc pas directement auprès des publics mais son implication majeure dans le domaine de la réduction des risques peut bénéficier à ce travail d'expertise.

Voici donc notre démarche et nos outils, il nous était aussi demandé, sur la base de cette expérience, de préciser les obstacles rencontrés. Beaucoup a déjà été dit à l'issue de cette table-ronde, je ne reprendrai donc que quelques points qui me semblent essentiels :

Globalement, il nous semble donc indispensable de pallier les relatives carences d'évaluation de nos propres actions de réduction des risques en étudiant celles qui ont pu être réalisées à l'étranger tout particulièrement sur des programmes expérimentaux : prescription "bas seuil" de TSO ou de sulfate de morphine, héroïne médicalisée, salles d'injection, mise à disposition d'antagonistes opiacés, etc.

Tout ceci doit nous aider à mieux articuler élan militant et rationalité scientifique. Dans cette perspective, nous avons bien entendu que vous nous annonciez tout à l'heure qu'une fois ce bilan des connaissances réalisé, vous nous en communiqueriez le contenu et les conclusions ainsi que les propositions qui pourraient en être issues en vue d'une nouvelle discussion. Nous allions vous en faire la demande mais vous l'avez devancée et nous vous en remercions.

Pour l'ANITeA,
Jean-Michel Delile