Insertion et droits des citoyens usagers de drogues

Evocation de la question complexe de l'articulation et des complémentarités entre les réponses sanitaires et sociales

Hubert Allier - Uniopss/HA

Colloque national ANIT - Orléans - 2 février 2007

La possibilité de bénéficier de ses droits et de pouvoir aller au bout d'un chemin de réinsertion dépend pour partie, mais bien évidemment pas seulement, des conditions d'accompagnement et de financement proposées par les dispositifs existants, de leurs articulations, de leurs cohérences et de leurs évaluations régulières.

Les visites sur le terrain démontrent qu'en dépit des difficultés nombreuses rencontrées dans ces différents domaines de nombreuses réalisations exemplaires existent et que "l'effort" d'adaptation conduit est important.

1) Votre secteur se trouve à la croisée de plusieurs dispositifs

Ces différents dispositifs renvoient à plusieurs autorités compétentes qui ne travaillent pas toujours en complémentarité et harmonie : les Agences Régionales de l'Hospitalisation, ARH - les Préfets de Région, les Directions Régionales et départementales de l'Action sanitaire et sociale, DRASS - les Unions Régionales des Caisses d'Assurance Maladie, URCAM - les Conseils généraux parfois les Conseils régionaux, les Directions régionales et départementales du travail, de l'emploi et de la Formation professionnelle, DRTEFP - sans oublier les villes... La complexité règne même si l'on note quelques progrès - voir point 4 ci-dessous)

Nous le constatons donc sur le terrain il faut plus de transversalité pour assurer le continuum de parcours. Or nous venons de loin du fait de notre histoire (Omniprésence de l'Etat, Jacobinisme...), des constructions sectorielles, verticales et spécialisées qui ont construit notre protection sociale, des financements de ce fait souvent très éclatés, de formations insuffisamment généralistes... tout cela débouche sur une absence de culture commune et des socles partagés par l'ensemble des acteurs réduit trop souvent à la "portion congrue"

2) Vos financements ne sont ni pérennes ni stables malgré l'introduction d'une partie de vos structures dans le dispositif de la loi 2002-2

Il reste des questions de fond à traiter :

3) Vous agissez dans un contexte où le regard porté sur "les populations à risque" évolue

Se pose donc la délicate question dans ce contexte du véritable exercice du droit des usagers. Dans un contexte où la "judiciarisation" des relations entraîne souvent une extrême prudence quant à la prise de risque parfois nécessaire dans l'accompagnement, attention à ce que le droit de l'usager ne soit simplement déclaré et non effectivement exercé ; attention, également, à ce que ce droit ne se limite pas qu'à son aspect "consommateur" au détriment de sa partie "citoyenne"

4) Quelles sont malgré tout les perspectives ?

Les articulations entre les différents dispositifs sont un véritable enjeu et plus particulièrement celle concernant le sanitaire et le social. Les politiques ne peuvent être pensées sans prendre en compte l'ensemble.

Pour conclure provisoirement

Tout cela reste complexe. Tout n'est pas qu'une question de dispositifs, d'architecture institutionnelle ou de financements. Beaucoup relèvent de l'absence de culture commune, de la rénovation des pratiques institutionnelles et professionnelles, de la formation prodiguée et d'une ambition partagée.

Nous devons à tous les échelons territoriaux et quelle que soit la nature de nos responsabilités penser individuel/global, spécialisé/universel, soins/accompagnement, complémentarité, coopération, mutualisation pour optimiser "la prise encharge et le continuum du parcours"

Il faut également convaincre nos politiques de la nécessité de simplifier, de garantir les financements, d'accompagner les innovations et expérimentations.