Après le débat au Parlement sur la toxicomanie

Une politique de santé se conduit avec des objectifs et des acteurs de santé, pas avec de l'idéologie morale

Le Président de la FFA - Dr Alain Morel

La France connaît un haut niveau de consommation de cannabis parmi les jeunes, mais également d'alcool, de tabac et de médicaments psychotropes.

La France doit développer une politique de prévention et de soins envers les addictions à la mesure des enjeux de santé.

La France doit diversifier son offre de soins, en matière de toxicomanie comme d'alcoologie et de tabacologie.

Une politique de santé se définit par des objectifs basés sur des besoins élaborés en concertation avec les acteurs. À chaque fois qu'elle s'est fondée sur des principes idéologiques et moraux, les résultats ont été désastreux : les usagers ont été stigmatisés, ils se sont écartés des soins, la priorité a été donnée à la répression et la prévention a été totalement décrédibilisée.

Un récent débat au Parlement laisse à penser que notre pays pourrait retourner dans ces errements. En opposant l'abstinence à la politique de réduction des risques et aux traitements de substitution ces débats nous replongent dans des polémiques d'un autre âge. Depuis plus de dix ans, tous les efforts des professionnels et des administrations concernés ont porté au contraire sur la diversification et la complémentarité des stratégies de soins pour s'adapter aux diverses étapes où peuvent se trouver les personnes dépendantes.

Quelques points doivent être rappelés :

La FFA tient à souligner que les services sanitaires et médico-sociaux en matière d'addictions ont effectivement besoin de moyens diversifiés. Les incantations pour une \"France sans drogue\" et à l'abstinence à tout prix ne sont que des chimères et, sur le plan de la santé publique, une dangereuse supercherie.