Plan addictions : le communiqué de presse de l'ANIT

16 nov 2006

L'Association Nationale des Intervenants en Toxicomanie (ANIT) salue la publication du "Plan Addictions" par le Ministre de la Santé, Monsieur Xavier Bertrand.

Ce plan est une avancée dans la construction d'une politique adaptée aux enjeux majeurs de santé publique posés par les addictions, notamment par la création d'un dispositif hospitalier cohérent, structuré en trois niveaux et complémentaire des CSAPA (Centres de Soins, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie).

Pour l'ANIT, la mise en place des CSAPA doit être l'occasion de structurer une politique d'intervention précoce aujourd'hui indispensable. Venant compléter les consultations jeunes usagers déjà créées, ces moyens complémentaires aideraient à adapter leurs services aux besoins actuels des publics concernés et à l'évolution des usages. La généralisation des consommations d'alcool et de cannabis chez les adolescents, largement illustrée par l'actualité, prouve chaque jour l'urgence de telles réponses.

L'ANIT regrette que le plan n'ait pas saisi l'occasion de faire plus avancer l'adaptation et le développement des outils d'hébergement thérapeutique malgré l'opportune mais insuffisante ouverture annoncée de 4 communautés thérapeutiques en 2007. La prise en charge des usagers ne peut se réduire à la seule réponse ambulatoire ; de nombreuses personnes présentant en effet des dépendances anciennes et lourdes, souvent accompagnées de troubles psychologiques et d'une importante désinsertion sociale. Il faut alors être en mesure d'envisager une prise en charge adaptée, avec des moyens permettant un accompagnement continu et à plus long cours. C'est dans ce cadre que s'inscrivent les Centres Thérapeutiques Résidentiels (CTR) dont les capacités d'accueil restent massivement insuffisantes. La difficulté des professionnels et des familles à trouver, dans un délai raisonnable, une place dans un Centre Thérapeutique Résidentiel, reste une vérité quotidienne, insuffisamment prise en compte dans le Plan actuel.

Face à la diversité croissante des problèmes d'addictions (tabac, alcool, cannabis, cocaïne, ecstasy, autres drogues illicites, jeu pathologique, etc.), l'ANIT se félicite que le plan crée une structure ayant pour mission de coordonner et d'évaluer les politiques sanitaires et de prévention. Cette commission nationale aura des déclinaisons régionales pour mieux adapter les réponses aux besoins. L'ANIT s'étonne que l'évolution des pratiques de l'injonction thérapeutique et la mise en place d'un médecin relais soient proposées dans le cadre du projet de loi de prévention de la délinquance, sans réelle concertation avec les professionnels du soin. En accord avec les objectifs du plan, l'ANIT attend que le Ministère de la santé s'oppose à l'idée d'une prééminence de la seule approche sécuritaire à propos d'une question, les addictions, dont le Président de la République vient de rappeler qu'il s'agit avant tout d'une maladie.