Communiqué de presse (21 septembre 2003)
Suite à l'intervention du Premier Ministre, Jean-Pierre RAFFARIN lors de l'émission "Zone Interdite" du 21 septembre 2003, L'Association Nationale des Intervenants en Toxicomanie (ANIT) prend acte de la volonté du gouvernement de modifier la loi du 31 décembre 70 relative aux toxicomanies mais rappelle que de nombreuses questions restent en suspens :
- Quel niveau de sanction, pour quelle infraction (usage, revente, détention, récidive) ?
- Quelle articulation du système répressif avec les services de soins et de prévention ?
- Quelles réponses pour les substances illicites autres que le cannabis ?
- Quelle prévention, avec quels acteurs et quels moyens ?
- Etc.
L'ANIT s'inquiète de voir le débat public sur les usages de drogues s'articuler principalement sur la répression de l'usage, au détriment d'une réflexion de fond sur l'articulation de la prévention, des soins et de la réduction des risques, et redoute de voir la loi à venir viser essentiellement la consommation de cannabis, au détriment d'une réponse visant l'ensemble des substances psychoactives. Cela répéterait l'erreur de la loi de 70 qui visait essentiellement un produit, l'héroïne, comme l'a rappelé le premier Ministre.
L'ANIT demande que la loi intègre l'ensemble des consommations de substances psychoactives, et privilégie la dimension sanitaire des usages de drogues, par une facilitation de l'accès à la prévention, au soin et à la réduction des risques, qu'elle garantisse la cohérence et la complémentarité de ces réponses.
L'ANIT demande qu'un calendrier et des moyens soient définis, à un moment où de nombreuses actions de prévention, de soin et de réduction des risques se trouvent en difficulté pour des raisons budgétaires (délégations de crédit incomplètes, gels ou suppression, absence de connaissance par les établissements de soin de leur base budgétaire 2003, etc)
L'ANIT demande que les mesures annoncées par le premier Ministre fassent l'objet d'un réel débat public, et que le rapport qui lui a été remis par le Président de la MILDT soit rendu public, contribuant à poser les termes de ce débat.
François Hervé - Président