Quel avenir pour les centres de post-cure (centres thérapeutiques résidentiels) ?

Communiqué de presse du 13/06/2000

Nous assistons ces derniers mois à des menaces de fermeture de plusieurs centres résidentiels ou à des redéploiements vers d'autres formes de réponses, laissant à penser que ce type d'hébergement serait contesté.

La suppression de ces places se fait en dehors de toute référence à une réelle évaluation des besoins, de toute cohérence nationale et serait préjudiciable à la qualité des soins des personnes toxicomanes. Les évènements récents concernant le projet de déconventionnement du centre du Bois des Loges en Seine maritime confirment notre inquiétude d'autant que les derniers motifs évoqués par le médecin inspecteur de santé public et l'inspecteur des affaires sanitaires et sociales de ce département s'appuient sur des arguments non fondés, arbitraires et injustes qui suscitent notre colère et notre indignation.

- Parmi l'ensemble des réponses soignantes, l'hébergement thérapeutique résidentiel est une des étapes importantes pour l'évolution ultérieure de certains toxicomanes. Cette réponse au même titre que les autres doit être développée, soutenue par des moyens correspondants aux objectifs de soin qui lui sont assignée et adaptée aux évolutions actuelles -

Diminuer le nombre de lits serait un non sens alors qu'il est au contraire nécessaire de combler le retard de notre pays et d'accroître les capacités d'accueil des lieux de soins,. dans un contexte où les orientations gouvernementales, en mettant une priorité sur l'ensemble des conduites addictives vont susciter des demandes d'aide diversifiées (dont des hébergements dans des centres spécialisés de soin)

- L'Association nationale des intervenants en toxicomanie est inquiète de voir une relation jusqu'alors constructive et concertée avec les pouvoirs publics fortement entamée par ce type de décisions. Nous nous sommes engagés avec Mme Gillot secrétaire d'état à la santé et Mme Nicole Maestracci, présidente de la MILDT dans des chantiers importants que nous souhaitions depuis longtemps, tels que le développement des actions de prévention, l'amélioration et l'accessibilité du système de soin pour toute personne en difficulté avec des substances psychoactives licites ou illicites, la sortie du dispositif spécialisé d'un statut d'exception par son intégration dans le champ des institutions médico sociales ,et espérons en voir aboutir d'autres comme la révision de la loi de 1970.

- Afin de pouvoir poursuivre notre engagement dans ces orientations et contribuer à leur réussite, nous souhaitons que certaines garanties soient énoncées confirmant une volonté partagée de dialogue et de concertation.

En référence à ces situations particulières de fermeture de lits d'hébergement pour lesquelles d'autres solutions constructives pourraient être proposées et négociées, nous demandons :

Nicole Gerey Secrétaire générale

Marie Villez Présidente